Morceau choisi 7 : Le père

Rudolph van Heerden s’absentait parfois pour une de ces parties de chasse qu’il affectionnait tout particulièrement. Tout le monde y trouvait son compte. D’un côté, c’était l’occasion pour le patron de partir deux ou trois jours entre amis et de bivouaquer ici et là, au gré des envies. D’un autre côté, c’était l’occasion pour certains employés de la ferme de ralentir deux ou trois jours et de moins vaquer ici et là, au gré des envies. Le baas était à la chasse à  l’impala. Et pendant ce temps, c’était comme des petites vacances à Vryland. Le baas était à la chasse à l’ennui parfois ; il se vengeait alors sur un chacal en maraude lorsqu’il n’y avait rien à se mettre sous le canon. Rudolph van Heerden avait au moins cette gentillesse ; il n’était jamais allé jusqu’à la chasse aux bushmen comme l’avaient fait un jour ces militaires qui, sans doute en mal urgent de gibier, et aussi pour tromper leur lassitude, s’étaient livrés à une véritable chasse à l’homme sauvage. Une douzaine de « bêtes » avaient été tuées lors d’une incursion dans le Sud-Angolais. Terre Afriqu’haine 

                   Le baas ne rentrait jamais bredouille. Il arrivait klaxon hurlant pour claironner sa fierté, descendait de sa camionnette, le visage rouge et pelé comme un cul de singe, après des heures au soleil, et s’empressait de donner ses trophées à dépecer à Barbara. S’ensuivait le classique et inévitable braai du dimanche soir au rythme des bières et des anecdotes de chasse, avec les amis de longue date dont en premier le voisin, Jaap Pienaar, viticulteur de père en fils depuis de nombreuses générations. On disait même que son nom était la déformation d’un mot français familier qui désignait le vin : pinard! En tout cas, c’était bien un patronyme qui collait à merveille à son teint vermeil.

En dehors de cela, si vous étiez Afrikaner et gravitiez autour de Rudolph van Heerden, vous vous deviez de tout savoir sur le rugby ou le cricket, le football. Par contre, peu importait le baseball ou le basketball. Fervent supporter des Free State Cheetahs, M. van Heerden allait régulièrement les voir disputer un match de rugby au stade de Bloemfontein. Mervin se faisait un peu tirer l’oreille pour  accompagner son père.  Vous vous deviez de lire la Bible. Il fallait aller à la messe ; Mervin se faisait là aussi carrément tirer l’oreille pour y aller. En bon Afrikaner, vous vous deviez de passer vos vacances si possible sur la côte. Ou dans une réserve naturelle. Partir en camping-car. Et la terre. Et la chasse. Et la pêche. Finalement, les expéditions de chasse avaient cet avantage, c’était que cela était pour Vryland le moyen de bénéficier d’au moins deux ou trois jours de sérénité pendant l’absence du baas.  Et le vin bien sûr. Le bon. Vous vous deviez d’en savoir un bon rayon sur le bon vin. 

 


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