Archive pour mai, 2007

Morceau choisi 7 : Le père

Rudolph van Heerden s’absentait parfois pour une de ces parties de chasse qu’il affectionnait tout particulièrement. Tout le monde y trouvait son compte. D’un côté, c’était l’occasion pour le patron de partir deux ou trois jours entre amis et de bivouaquer ici et là, au gré des envies. D’un autre côté, c’était l’occasion pour certains employés de la ferme de ralentir deux ou trois jours et de moins vaquer ici et là, au gré des envies. Le baas était à la chasse à  l’impala. Et pendant ce temps, c’était comme des petites vacances à Vryland. Le baas était à la chasse à l’ennui parfois ; il se vengeait alors sur un chacal en maraude lorsqu’il n’y avait rien à se mettre sous le canon. Rudolph van Heerden avait au moins cette gentillesse ; il n’était jamais allé jusqu’à la chasse aux bushmen comme l’avaient fait un jour ces militaires qui, sans doute en mal urgent de gibier, et aussi pour tromper leur lassitude, s’étaient livrés à une véritable chasse à l’homme sauvage. Une douzaine de « bêtes » avaient été tuées lors d’une incursion dans le Sud-Angolais. Terre Afriqu’haine 

                   Le baas ne rentrait jamais bredouille. Il arrivait klaxon hurlant pour claironner sa fierté, descendait de sa camionnette, le visage rouge et pelé comme un cul de singe, après des heures au soleil, et s’empressait de donner ses trophées à dépecer à Barbara. S’ensuivait le classique et inévitable braai du dimanche soir au rythme des bières et des anecdotes de chasse, avec les amis de longue date dont en premier le voisin, Jaap Pienaar, viticulteur de père en fils depuis de nombreuses générations. On disait même que son nom était la déformation d’un mot français familier qui désignait le vin : pinard! En tout cas, c’était bien un patronyme qui collait à merveille à son teint vermeil.

En dehors de cela, si vous étiez Afrikaner et gravitiez autour de Rudolph van Heerden, vous vous deviez de tout savoir sur le rugby ou le cricket, le football. Par contre, peu importait le baseball ou le basketball. Fervent supporter des Free State Cheetahs, M. van Heerden allait régulièrement les voir disputer un match de rugby au stade de Bloemfontein. Mervin se faisait un peu tirer l’oreille pour  accompagner son père.  Vous vous deviez de lire la Bible. Il fallait aller à la messe ; Mervin se faisait là aussi carrément tirer l’oreille pour y aller. En bon Afrikaner, vous vous deviez de passer vos vacances si possible sur la côte. Ou dans une réserve naturelle. Partir en camping-car. Et la terre. Et la chasse. Et la pêche. Finalement, les expéditions de chasse avaient cet avantage, c’était que cela était pour Vryland le moyen de bénéficier d’au moins deux ou trois jours de sérénité pendant l’absence du baas.  Et le vin bien sûr. Le bon. Vous vous deviez d’en savoir un bon rayon sur le bon vin. 

La bouteille à la mer

Aujourd’hui, c’est juste…une bouteille à la mer

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Sur ce grand océan qu’est le web, si un éditeur passait par là et acceptait que j’envoie mon manuscrit pour qu’il soit lu…C’est tout pour aujoud’hui

PTT

Aujourd’hui, ma petite main de provincial nantais poursuit ses envois de manuscrits par la petite boite jaune magique des PTT (Poste Ton Talent !) 

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Quelques dernières lectures

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Quand on demande à un éditeur : « - Mais pourquoi n’écrivez vous pas? – Il répond parfois  : – « Eh bien, parce que j’adore lire mais je n’ai pas la fibre pour écrire ». En ce qui me concerne, si j’ai la fibre pour écrire,  je reconnais que je  ne lis pas énormément. Je ne suis pas non plus un habitué du biotope littéraire et ne me précipite pas sur les « the must » . Je lis ce que j’ai envie de lire. Je ne lis pas ce qu’il faut lire à tout prix au risque parfois de m’ennuyer et de ne pas aller jusqu’au bout. Voici quelques unes de mes dernières lectures.  

 arton3204187x300.jpg » Vous pouvez répéter la question? » de Florence BELKACEM, journaliste qui a travaillé à Europe 1, RTL et France Inter, mais aussi sur TF1. Sa première activité a été  la presse écrite. Depuis 1998, elle publie dans VSD des interviews  » sans concession « . Elle a rassemblé dans ce recueil les plus incisives d’entre elles – et quelques inédites.  Je la rencontre au salon du livre de Montaigu, il y a quelques semaines. Interviewes entre autres de Sarkozy il y a quelques années à propos duquel elle me dit « D’ailleurs ce qu’il disait à l’époque, il ne le dirait pas forcément aujourd’hui… » [On est alors en pleine dernière course de campagne  électorale] telle la gifle qu’il avait reçu en classe par son institutrice quand il était petit garçon. » Ce à quoi, je ne peux m’empêcher de rajouter :  – La gifle, c’était pas Bayrou qui lui avait flanqué…? »   J’ai apprécié et lu avec intérêt ces conversations avec  personnalités politiques, littéraires et show biz ,agrémentées des dessins de Cabu ici et là.

  ,1565124669.jpg  »Confidential » par Tab Hunter. Un bon pavé in English. Pas de la littérature mais la bio d’un produit marketing du cinema des années 50 made in USA et tout ce qui gravite autour. Aussi une critique intéressante du star system hollywoodien et  de la presse people déja très caniveau.

219734537582.jpg Juste commencé : « L’alliance » de James Michener. De la grande littérature américaine. Un super grand romancier historique. Je ne pouvais pas y échapper car il s agit ici d’une grande saga de 3 familles en Afrique du Sud. J’ai meme commencé en double et en alternance avec la lecture de « The covenant » (la version anglaise d’origine ). Humm: cela fait tout de même un pavé de 1240 pages  ! et donc il va falloir trouver le temps quand même…

Morceau choisi 6 : Le grand-père

Couic… La vie s’écoulait paisiblement. Couic… Au rythme du gémissement du fauteuil à bascule du patriarche. Couic… Couic… Couic… Couic… Oui, – couic – la vie- couic – s’écoulait – couic – paisiblement  – couic… 

 Le Président de Klerk avait libéré Mandela après que ce dernier eut passé vingt-sept années encadré par des geôliers. Terre infernale qui se réveillait parfois. Couic-couic… Couic-couic… Ainsi, le vieux Magnus, inusable du haut de ses quatre-vingt-onze ans, quittait de temps en temps son fauteuil à bascule par inaltérable conscience professionnelle ou instinct politique :  surveiller les récoltes et le bétail ou participer aux réunions municipales, gesticulant et martelant encore les tables d’un poing que la fièvre de l’afrikanerdom  rendait toujours aussi ferme. Couic-couic-couic… Terre qui  se réveillait, brûlante de passions, au rythme des réformes qualifiées de « suicidaires » que le gouvernement « traître » de Pretoria annonçait. De Klerk, c’était un « couac » qui faisait accélérer le couic-couic de son fauteuil à bascule. 

      « - Ce président de Klerk est un âne. S’il avait lu la Bible, il saurait qu’on ne peut pas s’asseoir à la même table qu’un nègre. C’est vraiment écrit dans la Bible. Et pourtant, c’est ce qu’il fait. Il s’assoit à leur table des négociations. Je prie chaque jour, comme le faisaient les Trekkers du 19ème,  en implorant Dieu de nous sauver. Ils étaient 468  contre dix mille cafres. Ils se sont tout simplement mis à genoux et ont prié « Mon Dieu, sauve-nous ! » Et Dieu les a écoutés. Dieu les a aidés. Il  leur a livré les cafres. Dieu nous sauvera encore. Oui, Dieu nous sauvera une fois de plus… » 

Morceau choisi 5 : Barbara la domestique

Barbara la silencieuse, la domestique au service de la famille depuis deux générations,  avait traversé la pièce au même moment, ses gros gras bras noirs brillants enserrant une immense pile de linge bien blanc. Ils étaient si potelés les bras de Barbara ! Et surtout si noirs que Mervin se demandait parfois quel secret elle pouvait bien utiliser pour ne pas déteindre sur du linge si blanc ! Les gros gras bras noirs brillants de Barbara ! Le petit garçon avait suivi du regard sa démarche aérienne, jusqu’à ce que le dernier pli de ses jupes eût disparu par l’embrasure de la porte, dans toute la grâce de son silence.  Toujours silencieuse et d’autant plus surprenante la vieille Barbara que, malgré son volume impressionnant qui se mouvait dans ses longs tissus et qui lui donnait des allures de pachyderme mu par des coussins d’air – ce qui inspirait chez Mervin une sorte de respect mêlé de crainte et de fascination – elle usait d’une recette magique pour ne jamais faire craquer les lames du parquet, comme si elle avait défié les lois de l’apesanteur. Ce parquet qu’elle astiquait et cirait régulièrement. C’était peut-être justement parce qu’elle en connaissait le moindre centimètre carré et en avait percé tous les mystères…Alors que la belle Mme van Heerden, aussi légère et gracieuse qu’un springbok, faisait gémir le parquet au moins cent fois par jour.

LES CEREALES KELLOGGS DE L’ESPOIR !

Non non non ! Je ne fais pas de la pub pour Kelloggs cornflakes ! Mais je n’ai pas pu résister à scanner ce packaging. Ceci est juste un exemple de communication très particulier au pays. Depuis la fin de l’apartheid, le pays a besoin de diffuser des messages, de se rassurer, de tourner la page et d’exorciser les démons du passé.

D’où cet exemple au dos de cette grande boite de Kelloggs. Que vois je? Des sud africians de la nouvelle nation arc-en-ciel qui témoignent de leurs espoirs et de leurs optimismes.

Imaginer une telle pub de sensibilisation sociale chez nous ! ?? Bon petit déj !Une bolée de céréales… et hop! …tout va pour le mieux dans ce qu’on souhaite être le meilleur des mondes…

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C’est parti…

Voici une toute nouvelle rubrique intitulée d’emblée «Aventures postales » (intitulée initialement « Le parcours du combattant  pour être publié».Trop ironique et copié collé de tous ces blogs qui se lamentent….Non…Soyons sobre.

Ca y est ; ce roman est lu, relu, rerelu,…et bientôt expédié

Mais il va falloir que je le retouche…J ai encore le recul nécessaire pour me rendre compte de ce qui peut ne pas aller

Présentation et résumé de l’histoire

J’ai décidé d’écrire un roman mélangeant fiction et réalité qui est une sorte peinture socio-politique cocasse et attendrissante, mais aussi violente et cruelle. Le déclic et fil rouge a été le suivant : un jeune garçon blanc en AFRIQUE DU SUD, le pays de l’apartheid, se retrouve comme domestique pour le compte  d’une famille riche et noire! Il s’agit bien sûr d’un succulent prétexte à une critique virulente de la société sud-africaine. Autour des personnages fictifs évoluent des histoires et des anecdotes réelles qui dépeignent la réalité du pays, ses ethnies. Ses horreurs et sa folie. Mais aussi ses espoirs. En attendant une très hypothétique publication, je me décide d’insérer sur ce blog quelques morceaux choisis de mon roman que j’ai intitulé « LE DOMESTIQUE BLANC ». Ce fut un travail de longue haleine mais ô combien passionnant. Je suis arrivé au terme de ces 460 pages.  Pour construire ce roman, je me suis servi, entre autres, de l’effarante réalité d’un groupuscule d’extreme droite à mi chemin entre aveuglement religieux et mouvement sectaire croyant aux prophéties d’un certain Nicolaas van Rensburg (une sorte de Nostradamus sud africain du 19ème siècle qui prédit une catastrophe et des milliers de morts). Ce mouvement appelé le Boeremag (la Force Boer) est responsable de plusieurs attentats et de tentatives de coup d’Etat.  

Voila ci dessous le résumé. 

Bonne lecture, 

Cyriaque 

Mervin van Heerden est un jeune Afrikaner de dix-sept ans. Il vit aux abords d’une bourgade conservatrice de l’Etat Libre d’Orange en Afrique du Sud. Sa famille a toujours été baignée dans un monde rural qui, au fil des générations, a vu s’ancrer fortement les préceptes qui ont érigé l’édifice ségrégationniste sud-africain : fanatisme religieux, profond attachement à la terre, fierté de  l’identité boer, haine envers les Anglais et « développement séparé » des races. Le père, Rudolph, dirige une prospère exploitation agricole, celle qui appartient à la famille depuis toujours et que les ancêtres ont défendue dans le sang face aux attaques des Anglais dans le passé. Rudolph van Heerden milite parallèlement au sein d’une organisation ultranationaliste, radicalement opposée au démantèlement de l’apartheid. A l’aube des années 90, dans une société en pleine mutation, déchirée par des conflits interethniques sans fin et animée par une lutte farouche des fermiers pour leurs terres, Mervin passe  à l’action et décide de participer au bouleversement des valeurs. Alors, après quatre générations de van Heerden, le jour où il se retrouve employé comme domestique au sein d’une famille riche – mais noire… ! – le monde se retrouve sens dessus dessous pour son père et la « guerre » est déclarée.  Entre rébellion, secrets familiaux et sombres complots, Mervin mettra tout en œuvre pour participer à la création de la nation arc-en-ciel          

Histoire en un clin d’oeil : chronologie des grandes dates

- REPERES HISTORIQUES – 

1652 – Les premiers colons hollandais débarquent au Cap. La Compagnie des Indes néerlandaises installe une station de ravitaillement. 1688 – Des huguenots français, fuyant la révocation de l’Édit de Nantes, arrivent au Cap. Ils ne sont que 200, mais représentent 15 % de la population européenne. 

1820 -  Cinq mille colons britanniques débarquent au Cap. 1833 -  L’abolition de l’esclavage par la Grande-Bretagne provoque la ruine de beaucoup de  petites exploitations hollandaises qui utilisaient de nombreux esclaves noirs. 

1834/1854 – Fuyant l’ordre britannique et refusant l’égalité avec les noirs, douze mille fermiers afrikaners s’exilent vers l’intérieur du continent, en quête de nouvelles terres. Ils fondent les républiques Boers du Transvaal et de l’Etat Libre d’Orange. Au Sud et à l’Est, le Natal et le Cap seront les deux territoires britanniques. Durant cette grande migration (le Grand Trek) se déroule la bataille de Blood River contre les zoulous. 1880/1881 – Première guerre des Boers contre les Britanniques. Victoire des Boers qui récupèrent leur indépendance (perdue en 1877 lors de l’annexion britannique) 

1899/1902 – La présence d’or et de diamants en territoire boer attise la convoitise des Anglais et déclenche la « guerre des Boers ».   1910 – Création de l’Union Sud-Africaine,  sous égide de la couronne britannique. La nouvelle nation est créée par la réunion des deux Etats afrikaners du Transvaal et de l’Etat Libre d’Orange, et des deux Etats anglophones  du Cap et du Natal. 

1948 – Les Afrikaners gagnent les élections. Le Parti National met alors en place la politique de « développement séparé » des races -   l’apartheid -     Années 50 - Mise en place de toute une série de lois destinées à systématiser la politique (Loi sur la répartition des terres, apartheid résidentiel, interdiction de mariages interraciaux, etc.…) 

1961 – L’Afrique du Sud désire farouchement libérer le pays du joug du Commonwealth. Proclamation d’indépendance de la République d’Afrique du Sud. 1962 – Nelson Mandela, chef de l’ANC, est condamné à la prison à vie. 

1990 - libération de Nelson Mandela, emprisonné depuis 27 ans. 1991 – Abolition de l’apartheid et instauration d’un régime démocratique. 

1994 : Premières élections démocratiques multiraciales. L’ANC l’emporte largement et Nelson Mandela devient le premier président noir de l’Afrique du Sud. 1998 – La   Commission de la vérité et de la réconciliation, rend son rapport après avoir entendu les victimes du régime d’apartheid. Elle est chargée de recenser les crimes commis et d’accorder le pardon contre des aveux. Aucun tortionnaire ne sera poursuivi. 

1999 :   Thabo Mbeki est élu président. 2004 :  Nouvelle victoire électorale de l’ANC.avec la réélection de Thabo Mbeki. 

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